A. 7. Les trois objectifs majeurs de « secrets »

   Comment peut-on cesser de travailler comme le ferait un esclave, un amateur ou un improvisateur, voire un imposteur, et gagner décemment sa vie tout en assurant l’épanouissement autour de soi? Le travail suit une démarche proche de celle de l’éthique. Elle vise le bonheur par la production des biens et leurs usages en faveur des consommateurs. Dans ce cheminement, il importe de savoir quels enjeux il faut relever avant de découvrir les objectifs qui peuvent sous-tendre un tel processus. « Secrets » veut dans cette perspective assurer aux manageurs et aux stratèges en quête de compétitivité, la crédibilité et la pérennité nécessaires à tout effort de développement.

A. 7.1. Simplifier le travail
A l’origine, le travail a été présenté sous ses aspects durs, pénibles et éprouvants, surtout lorsqu’il sollicite des personnes sans expertise, sans expérience et manquant de génie. Mais les progrès scientifiques et techniques, les formations professionnelles qualifiantes ont permis de diminuer la pénibilité du travail et d’envisager des sauts qualitatifs. Pour que le travail produise des bons résultats il faut que celui qui l’exécute soit à la hauteur c’est-à-dire qualifié pour le réaliser ou mieux compétent pour en assurer la bonne exécution. Le travailleur compétent dispose des savoirs qui lui permettent d’être efficient par la maîtrise des ses actions et d’aboutir à des résultats efficaces.
Le travail simplifié suppose, soit une approche par la segmentation ou une autre par la stratégie avec un impact certain sur les processus.. Car plus que jamais le travail compétitif doit nécessairement être simplifié. La division du travail vise à le répartir en accordant la confiance aux compétences spécifiques, qualifiées en l’occurrence. La spécialisation, dont le père: l’ingénieur américain Frédéric TAYLOR, est reconnu, procède de la division du travail. Elle est largement répandue dans les chaînes industrielles à travers le monde. Elle a favorisé la modélisation du véhicule « T », initié par un autre Américain ingénieur lui aussi: Henri FORD, de produire en série des voitures accessibles au marché.
La stratégie associée à ces dynamiques révolutionnaires voudrait que le travail à faire soit pensé, organisé et mis en oeuvre avec des outils de performance à jour, avant d’être adressé à des personnes idoines. Bien que la routine de la taylorisation tende à déshumaniser le travailleur en le confondant à une machine, la productivité se trouve au terme d’un travail simplifié. En effet, la logique et la cohérence qui sont des principes scientifiques cartésiens alimentent la simplification pour rejoindre les deux autres que sont l’évidence et l’exhaustivité, dans une perspective d’amélioration.
En effet, le leadership devra donc s’employer à mobiliser et à animer les équipes de travail afin de susciter leur adhésion confiante dans le créneau de la simplification. Pour permettre l’atteinte de cet objectif, seul un ordre simple, énoncé avec clarté, précision et motivation peut se réaliser avec des probantes possibilités de réussite. Le travailleur s’en trouvera soulagé parce qu’on lui aura épargné d’affronter tout seul la complexité des tâches et les exigences de l’initiative, de la réflexion et de la maturation des projets. La confiance tirera ainsi avantage de la conception pour relever aisément les défis de la concurrence et de la compétition.

A. 7.2. Soulager le travailleur
Le travailleur spécialisé, ayant échappé à la complexité des sollicitations, éprouve le besoin de faire valoir sa compétence sans contrainte, ni stress, mais en privilégiant la productivité par une gestion rationnelle et optimale des ressources mis à sa disposition.
L’homme qui travaille ne doit pas, et c’est un impératif catégorique selon Emmanuel KANT, être pris pour un banal instrument et même pas comme une machine sophistiquée. Aussi faut-il soigner son environnement et ses conditions de travail afin que ses actions contribuent à son épanouissement total. Le travail ne devrait pas reproduire l’école, avec ses redoutables épreuves mais rechercher constamment le succès avec ses valeurs essentielles. La problématique est de savoir si les ordres donnés sont adressés à des personnes habilitées ou si les charges sont confiées aux acteurs à la compétence reconnue. Embuscades, pièges et colles de toutes sortes doivent être écartés de la gestion des ressources humaines grâce à une congruence entre les deux pôles émetteurs et récepteurs. Par ailleurs la motivation doit venir au secours de la compétence pour impulser une dynamique exaltante, rassurante et profitable tous azimuts.
Par conséquent, soulager le travailleur vise à protéger ses capacités et à renforcer ses compétences par les moyens légaux, humains et stratégiques afin qu’il soit à mesure d’apporter à temps opportun des bonnes réponses aux attentes des populations. Cet objectif permet de faire prendre conscience de ce que l’implication dans tout processus de production de biens ou de prestation de services valorise autant le travailleur que l’entreprise qui l’emploie. Il confère la qualité de copropriétaire à toutes les ressources humaines actives et à ce titre les charge presque des mêmes responsabilités que le promoteur. Dès lors, elles ont intérêt dans les résultats de l’entreprise non seulement parce que ceux-ci portent leurs marques visibles ou invisibles mais aussi grâce aux rétributions équitables octroyés à différents acteurs. Dans ce contexte, les ressources sont préservées tout en étant optimisées pour que celles-ci continuent de rendre service aux hommes et non pas l’inverse.

A. 7.3. Satisfaire les attentes
Les fruits du travail sont destinés à apporter des solutions adaptées aux diverses attentes des populations. Lorsque cela est réussi on parle de contentement chez les bénéficiaires ou encore de la satisfaction des attentes. Cependant, l’évolution des exigences situationnelles, la précarité de certaines solutions face à la permanence et à la variance des besoins, posent le défi à relever de la constance de ce contentement. Le travail doit suivre les mutations conjoncturelles et se conformer aux différentes prétentions légitimes des populations où qu’elles se trouvent pour que cet objectif soit atteint.
En effet la satisfaction des besoins sera d’autant plus durable que les facteurs du processus y conduisant seront capables de fournir sans cesse des solutions idoines et permanentes aux générations successives d’utilisateurs. En intégrant des paramètres nouveaux sans désemparer, le travail ainsi plongé dans la logique du développement durable, doit déployer ses capacités à épanouir suffisamment les populations.

Le nécessaire ajustement par rapport à l’ensemble des préoccupations humaines essentielles est à percevoir comme une obligation impérative. Car travailler n’est pas facultatif surtout pour celui qui est dépositaire de savoirs productifs. Les individus, les collectivités et les États ont en l’occurrence à charge de créer, d’organiser et d’accomplir des tâches, selon leurs aptitudes, afin d’assurer l’épanouissement de tous leurs membres sans équivoque.

L’objectif terminal du travail est la satisfaction des attentes ou le contentement des populations, le plus régulièrement et durablement possible. Son atteinte passe par deux objectifs stratégiques préalables: la simplification et le soulagement. L’ensemble des objectifs forme les trois niveaux « S » du travail simplifier, soulager et satisfaire. « Secrets » propose d’avoir en ligne de mire ces « S » grâce à un processus de cinq « C »: qui comprend pour le premier « S »: la conception et la confiance pour le deuxième  » S »: la compétence, la concurrence et la compétition et pour le troisième « S » le contentement. Ces trois niveaux mettent en scène trois catégories de travailleurs: le leader ou le manageur principal, les opérateurs exécutant les ordres du leader et les consommateurs des produits de la précédente catégorie. Les premiers font confiance aux seconds pour ensemble fournir des réponses aux préoccupations de la troisième catégorie où les deux premières catégories peuvent se retrouver normalement. Si cette logique venait à défaillir cela serait un signe évident que les principes de « secrets » non seulement n’auront pas été respectés mais que les déterminants étaient loin de se réaliser dans des contextes différents. « Secrets » sans être ardu à suivre s’accommode très peu de l’improvisation et de l’amateurisme. Sa démarche doit être suivie le plus strictement et logiquement qu’elle est prescrite pour que les trois objectifs du travail soient pleinement accomplis.