B. 9.3. L’action: la pourvoyeuse de la production

   Entre le concept initial, abstrait et le bien final, palpable ou simplement jouissif, il faut qu’au milieu s’implique une action productive. Celle-ci procède des actes ou des opérations qui génèrent des résultats concrets. Ces actes mobilisent essentiellement l’énergie humaine: physique ou intellectuelle avec l’aide des outils adaptés, et selon les cas, de l’énergie animale, mécanique ou cybernétique, dans l’optique d’une efficience constamment éprouvée par les exigences nouvelles ou en croissance constantes voire exponentielles. Cependant les actions du sillage de l’amateurisme ou de l’empirisme sont à distinguer de celles de la maîtrise professionnelle grâce à laquelle la qualification repose sur une expertise avérée. Mais, dans un cas comme dans l’autre, l’opinion tend à considérer l’action comme la seule étape plausible du travail. Pourtant, l’analyse montre qu’une action qui se déroule sans conception initiale peut se dévoyer ou rater de satisfaire sa clientèle tandis que l’évaluation, en appendice, assure l’efficacité de l’action par son ajustement éventuel.
Compte tenu de ce qui précède le professionnel est le modèle de l’acteur qui opportunément apporte une réponse adéquate aux attentes des populations. Il fournit un travail de qualité pour des produits de qualité suivant une traçabilité et une conformité qui ne laissent planer aucun doute ou surgir un soupçon de nature à affecter les personnes qui y sont parties prenantes. Car il déploie une approche systémique pour une garantie de succès à la différence des autres qui tâtonnent le plus souvent par manque d’expérience. Avec une telle diversité d’implications aux effets logiquement variés il y a lieu de distinguer quatre catégories de travail.
   B. 9.3.1 Opérations physiques
La conception du travail provient du psyché de l’homme. Elle se manifeste par le corps entier en général et particulièrement à travers les membres: les mains ou les pieds. Par la contribution de mains au travail, celles-ci apparaissent comme les membres qui interviennent le plus dans les tâches concrètes et les plus basiques, si bien que, habituellement l’on confond l’actant avec l’action. En effet, indispensable pour accomplir la majeure partie des activités humaines, les mains ont accaparé une catégorie de travail.
Le travail manuel, comme on l’appelle, mobilise les manœuvres, les artisans, les ouvriers, certains sportifs, mêmes les cadres et les manageurs à plusieurs niveaux opérationnels. Il utilise le plus souvent des types d’outils qui prolongent la main ou se sert d’elle pour réaliser, selon la maîtrise individuelle, des oeuvres d’utilité diverse parmi lesquelles des machines.
   B. 9.3.2 Opérations mécaniques
Depuis fort longtemps, la machine est associée au travail humain pour en améliorer la performance. La capacité qu’elle offre à effectuer plus vite et mieux certaines opérations augmente le plus souvent en qualité et en quantité les résultats du travail mécanique.
Depuis la révolution scientifique et technique les machines de plus en plus performantes sont présentent dans tous les secteurs d’activités. Dans le domaine du calcul par exemple, on est parti de la machine de Pascal effectuant des calculs élémentaires aux ordinateurs aptes dans les opérations les plus subtiles, de la machine à vapeur à la machine électrique. La machine la plus performante est devenue une intelligence intégrée: un robot, parce qu’elle remplace l’homme et accomplit mieux que lui plusieurs de ses capacités relatives à la conception, à la production et à l’évaluation.
   B. 9.3.3 Prestations intellectuelles
Selon la pensée cartésienne la plus répandue : « Je pense donc je suis. » l’homme fonde son existence sur la pensée. Elle est un déterminant capital de son identité. A propos, un proverbe africain dit : « Le travail est une occasion de se découvrir soi-même. »
Au niveau intellectuel il permet d’élaborer ou de dessiner, voire visualiser le profil des attentes et le déroulement des opérations qui doivent fournir des réponses adéquates à une bonne partie des préoccupations des hommes. Par ce fait, le travail intellectuel resterait infructueux s’il ne devait pas déboucher sur une application concrète et sur des résultats palpables et dignes d’intérêts. D’ailleurs le travail manuel comme le travail mécanique s’abreuve de l’intelligence tout au long de son déroulement.
L’intelligence est une exigence permanente à tous les dégrés opérationnels du travail. Il sature l’homme dans tous les secteurs d’activités par son implication systémique et managériale. La technologie progresse avec brio dans le transfert des compétences intellectuelles aux machines.
B. 9.3.4 Opérations télématiques
La télématique combine l’informatique et les télécommunications pour permettre à des machines d’exécuter rapidement avec une précision inouïe des opérations qui exigent de l’intelligence.
Ces machines dotées d’intelligence artificielle au point de se rendre autonomes travaillent comme des hommes sans l’intervention permanente de ces derniers. Elles fonctionnent en véritables robots, même en réseau, en étant reliées ou pas par des câbles (1) , concentrées en un site ou dans des sites très distants les uns des autres.
Le travail télématique s’articule autour d’instances dominées par des variables numériques avec l’avantage de la célérité et de la précision dans les opérations.

  Au delà de ces distinctions essentiellement didactiques et évolutives, tout travail sollicite un complexe inclusif de savoirs et d’énergies qui ne doit pas s’embarrasser des perverses dissociations discriminantes. Il n’y a pas de travail manuel sans une implication intellectuelle, tout comme il n’y a pas de travail strictement mécanique sans une intervention manuelle fut-elle infime ou de travail télématique sans cette association de forces opportunes et complémentaires. En définitive tous les types de travail, quels qu’ils soient, sont des valeurs  indispensables au développement de l’humanité.