10. La méthode de « secrets » : « comme ».

 Le concept de méthode désigne une démarche ou une manière de disposer rigoureusement ses idées ou ses ressources afin de progresser par palier plus sûrement vers l’atteinte des objectifs prédéfinis ou en vue d’aboutir à des découvertes dignes d’intérêt. Cela suppose de commencer par des éléments probants ou par des hypothèses, de suivre un cheminement articulé au terme duquel on parvient à des conclusions valables. Dans ce sens, la méthode doit être envisagée comme un canevas ou un processus à respecter sans scrupule puisqu’il dispose à accéder à la vérité. La méthode indique ainsi les jalons à parcourir suivant un certain itinéraire, si l’on veut parvenir à des fins intellectuellement convaincantes. La méthode vise à répondre à la question de savoir comment faudrait-il procéder pour réussir un bon projet ou encore quel chemin peut-on emprunter pour être efficace dans une activité donnée? L’une des problématiques à développer autour de la méthode revient à trouver la voie par laquelle les résultats à produire peuvent probablement correspondre aux attentes d’un grand nombre de parties prenantes dans une entreprise donnée. Cette voie est efficace lorsqu’elle découle d’un ensemble de procédés ordonnés, cohérents et logiques. En ce sens, « Secrets » propose cinq étapes qui s’enchaînent. Elles respectent ses principes propres: les « 5E », en vue d’une réussite totale dans le travail. Il s’agit de partir d’un conception structurée et élaborée pour aboutir à une évaluation satisfaisante. Entre ces deux bornes extrêmes on passe par une solide organisation qui ouvre la voie à la mise en place des ressources et à la mise en oeuvre de celles-ci.
10.1. La conception est primordiale pour réussir
 La conception est le point de départ de la méthode. Elle naît dans l’esprit de l’homme par une idée plus ou moins complexe, inspirée ou suggérée par un complexe de besoins à exprimer ou à satisfaire. Elle sort de l’abstraction pour se donner une forme visible ou palpable, réalisable et exploitable. Sa matière est essentiellement notionnelle c’est-à-dire constituée de concepts à manier pour préparer et guider la suite du travail à effectuer dans un délai déterminé. En effet le concept est l’âme subtile de la dynamique de commandement des actions indiquées dans une démarche de succès.. Il impacte les effets attendus et destinés à induire un épanouissement intégral. Parce que la conception correspond au développement d’une idée, elle doit, en toute logique, générer d’autres idées corollaires et nécessaires pour ses fins. A ce titre le concept se déploie en une série de démembrements sans lesquels l’idée reste improductive. La réflexion qui nourrit la conception permet de prendre du recul par rapport au vécu, à l’immédiateté afin d’éviter la précipitation et l’improvisation mais de privilégier par une vision claire, nette et globale, la logique qui correspond dans le cadre du travail, à apporter des réponses adéquates aux principales préoccupations des hommes. En dehors du mental, les actes humains ne peuvent pas revêtir une grande signification. Ils sont alors soit mécaniques, soit instinctifs, affectifs, puérils ou directifs. Un homme autonome se doit d’user de toute son intelligence pour envisager, codifier et planifier le déroulement de ses actions. Les oeuvres collectives exigent, plus que partout ailleurs, une démarche où la pensée se positionne au point de départ comme un facteur déterminant du succès. Elle constitue par les concepts le leitmotiv qui maintient en éveil ceux qui s’engagent sur la voie royale. Mener à bien des entreprises: sans peine, ni trop de risques exige de la méthode en ceci qu’il faut une suite logique comprenant: une inspiration ou une suggestion, une élaboration d’un projet avant sa matérialisation. La conception permet d’aborder tous les contours d’un travail à réaliser afin de satisfaire les attentes des parties prenantes. Sa consignation écrite, graphique ou planifiée vise à garantir la conformité aux normes, à travers la production d’un plan d’affaires ou « business plan ». Par ce biais son appropriation est rendue accessible aux personnes qualifiées à en interpréter les dispositions, à en suivre les modalités d’application et à en assurer l’exécution la plus fiable et la plus crédible possible. En somme, la conception est un préalable au travail réussi dans une vision anticipée et potentielle de tous les contours d’une action à mener. Elle s’articule dans le système de « secrets », notamment sur la trilogie: concevoir, agir et évaluer et se traduit par la formulation des objectifs: généraux et spécifiques, stratégiques ou opérationnels. Le plus souvent une feuille de route indique les principales articulations de la conception et se décline en autant de plans d’action qu’il y a d’acteurs techniques à s’impliquer dans l’accomplissement du travail. Mais cela peut-il suffire à garantir le succès en dehors d’une structure cohérente, mobilisée à la production des biens et des services?
10.2. L’organisation en appui pour l’efficacité
   L’organisation est la seconde phase de la méthode dans la logique de  » secrets ». Elle découle de la conception dont elle vise à donner un sens concret grâce aux idées qui en émanent . Il s’agit de mettre de l’ordre dans les idées et les concepts éparses afin de les nantir, comme à un corps, de capacités réelles et complémentaires d’action. En effet, organiser consiste à disposer des éléments d’un ensemble dans un espace de manière à lui permettre de fonctionner aisément. La structure obtenue avec toutes ses composantes viables, cohérentes, fonctionnelles et productives doit apporter une réponse à la problématique de la productivité, en fournissant des biens ou des services divers à même d’apporter des réponses efficaces aux attentes des hommes. L’organisation permet de simplifier les opérations et d’impulser une action synergique des différents maillons de cet ensemble. Elle s’appuie sur le principe que le travail est un acte collectif et social, à défaut d’être sociétal. En effet le travail appelle toujours, compte tenu de la complexité de sa réalisation, une spécialisation et une coordination des tâches. Cela signifie que le capital humain doit se mobiliser en toute confiance pour atteindre, par des processus intégrés, des objectifs communs. Avec l’organisation se créent des postes de travail. Ceux-ci doivent être pourvu en ressources nécessaires pour fonctionner et pour satisfaire les attentes y relatives. C’est la traduction concrète d’un organigramme qui intègre en principe la distribution des rôles avec en corollaire une complémentarité qui ne doit échapper à personne, en interne comme en externe. Généralement il y a le top management chargé de définir les stratégies, de déterminer les grandes orientations, de décider de la distribution des postes et des attributions respectives à confier aux uns et aux autres. En appui, suivent les manageurs intermédiaires qui animent les équipes opérationnelles en application des directives de la politique générale de l’organisation afin d’optimiser la production. Le reste des structures est constitué des personnes qui s’activent dans des tâches concrètes et fournissent des résultats conformes aux missions de l’entreprise. En définitive l’organisation désigne l’entreprise. Elle représente en quelque sorte la machine formelle, composée de démembrements cohérents grâce auxquels s’accomplissent des charges ciblées. Pour produire des effets bénéfiques et éviter de sombrer dans la mentalité magique ou d’entrevoir des ambitions démesurées, elle se sert des ressources contributives précises, utiles et souvent indispensables à la mise en œuvre effective.
10.3. La mise en place des ressources appropriées
   Il est peu envisageable de vouloir obtenir des résultats du travail ex nihilo. Il faudrait alors se munir du pouvoir divin qui fait exister et donner la vie par des ordonnances verbales. D’ailleurs le Dieu des chrétiens a dû recourir à une démarche du type proposé par « secrets » dans la création de l’homme et de la femme: à savoir partir du concept décisif : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. » à l’évaluation: « Il vit que cela était très bon » en passant par le recours aux ressources: et à leur transformation. Tout travail humain qui veut parvenir à des bons résultats aura besoin des équipements et instruments adéquats et des hommes compétents. La ressource temporelle chronique est un don à utiliser rationnellement grâce à des plans dotés chacun d’un chronogramme à respecter avec détermination. Les ressources financières, techniques, matérielles et humaines sont à rechercher ou à valoriser pour être réunies. Bien que les ressources humaines soient au coeur du travail, il ne faut point négliger les autres instruments du travail. Elles sont toutes sinon d’égale importance du moins incontournables dans bien des cas quand on veut réellement relever les cinq enjeux du travail bien fait.
10.4. La mise en œuvre des opérations productives
   Une fois que les facteurs de production sont disponibles, il faut les activer opportunément en vue d’en obtenir les résultats attendus des consommateurs. En effet dans l’oeuvre humaine l’action productive est fondamentale dans la mesure où elle génère des biens utilisables. Elle se sert de l’expertise, de l’expérience et de l’innovation des personnes qui sont capables de pourvoir en biens divers les populations demandeuses. Ainsi, les performances techniques des équipements, l’environnement de travail et les compétences des acteurs principaux se combinent dans des opérations spécifiques destinées à apporter des bonnes réponses au grand nombre de personnes. Le fordisme et le taylorisme des entrepreneurs américains et le stakhanovisme soviétique ont été formalisés pour donner un coup de pouce à l’organisation du travail qui doit se soumettre à certaines règles de management orienté vers le succès. La production des biens à ce titre devrait s’aligner sur les besoins exprimés ou envisagés des gens. Cependant, dans un environnement concurrentiel, où la quête du profit prévaut, le marketing peut desservir certaines productions issues des entreprises à capitaux et ressources limités.
10.5. L’évaluation pour s’assurer de la qualité des produits
   La qualité des produits et le pouvoir d’achat des consommateurs déterminent l’écoulement de ceux-là sur le marché. Ces produits sont conçus pour répondre parfaitement à toutes les exigences des destinataires et pour correspondre aux normes mises à jour dans l’environnement de recours. Ainsi, ils parviennent à relever l’enjeu de l’efficacité du travail. Dans ce contexte de demande de plus en plus élevée, la quantité est à prendre en compte comme une qualité numérique au même titre que les autres qualités à soumettre à l’évaluation. En général l’évaluation est un moment crucial du travail qui ne saurait être réservé au seul cadre académique. Elle permet de comparer les besoins aux produits obtenus, les qualités de ceux-ci aux objectifs visés dans ce secteur du travail. Il s’agit de s’assurer que les stratégies ont été positivement suivies dans leurs déclinaisons que les ressources réunies et les opérations réalisées ont été efficaces au plan normatif, déontologique et éthique. La critique prend toute sa place dans ce pan du travail. Car elle permet de passer au crible fin les résultats du travail pour juger de leur pertinence par rapport au paradigme de l’heure. En d’autres termes, l’évaluation cherche à s’assurer sur toute la ligne que les biens attendus ont été régulièrement obtenus et par conséquent que les faiblesses et les risques éventuels du processus de leur réalisation ont été ou pas minimisés. Par ailleurs, lorsque le constat est amer, il convient d’envisager des voies de correction dans une approche consensuelle. Pour la pérennité du travail réussi, cette exigence d’évaluation est à promouvoir en interne mais aussi en externe. En effet, les appréciations des partenaires et les audits des personnes indépendantes contribuent à faire tenir le cap du travail bien fait. Par l’évaluation positive on parvient à mobiliser les énergies et les ressources dans la perspective des améliorations constantes.
   En somme, le développement est la finalité du travail. Il doit toujours tenir compte des contingences et de la conjoncture parfois incertaine pour s’intéresser aux besoins du temps présent, mais sans compromettre ceux des générations à venir dans la recherche des solutions appropriées. La qualification et la quantification, qui participent de l’évaluation du processus et surtout de l’impact des solutions, concourent de ce fait au progrès intégral: notamment au plan socioéconomique. En l’occurrence, « secrets » insiste sur l’émergence d’une culture de l’évaluation permanente afin d’éviter les dérapages et les mentalités rétrogrades à l’origine de l’insuccès dans le travail et de promouvoir à l’inverse un développement net au profit des populations.