A. 5. Les ressources indispensables du travail

   Tout moyen d’action susceptible d’être mobilisé à des fins de production de biens ou de services est une ressource. Il y en a de plusieurs ordres: des visibles et aussi des invisibles. Ces catégories de richesses doivent, utilement, opportunément et efficacement, interagir dans le travail. Le degré d’implication, en fonction de leur disponibilité, détermine leur importance. Avant de définir les modes d’usage, les catégories de ressources et leurs spécificités doivent être connues.

A. 5.1. Ressource chronique de base: le temps

Il est courant d’entendre les gens clamer qu’ils n’ont pas de temps ou bien qu’ils sont victimes d’un contretemps, et par conséquent, ne peuvent pas produire des résultats attendus d’eux. De quel temps s’agit-il, alors que le temps est toujours là en dépit des aléas météorologiques? En effet, le temps formel est une ressource permanente, disponible et favorable à toute occupation opportune et adaptée.
Le temps est reconnue comme une précieuse ressource. Les Britanniques disent de lui:  » Time’s money » en français:  » Le temps c’est de l’argent ». Mais cette valeur dépend du bon usage que l’on en fait. A contrario, l’intangibilité du temps a tendance à lui faire perdre son importance capitale pour apparaitre plutôt comme une variable aléatoire et accessoire, un simple instrument d’évaluation des activités humaines. Pourtant, en dehors du temps, rationnellement et efficacement utilisé, il n’y a pas de travail productif et satisfaisant.
Les professionnels, dans tous les domaines savent qu’elle est la place que cette ressource occupe dans tout le processus du travail, à savoir globalement : de la conception à la consommation en passant par l’exécution. Le Japon et la Suisse occupent le sommet de l’assiduité dans le monde. La productivité de leurs entreprises permet, ainsi notoirement, de surmonter leurs dérisoires potentialités naturelles notamment au plan minier. Avec peu de ressources naturelles, la gestion efficace de la seule ressource égale et inépuisable pour tous: le temps, permet de déterminer un essor économique dont les populations tirent des avantages.

A. 5.2. Ressources naturelles diverses

Le travail humain a débuté pour tous les peuples par le prélèvement des substances naturelles propres à solutionner les besoins élémentaires. Malgré les révolutions économiques et la sophistication des instruments de travail les ressources naturelles interviennent encore positivement dans les bonds en avant du développement. En effet, les ressources naturelles jouent un rôle prépondérant dans toutes les économies du monde. Le sol, le sous-sol, le climat, l’hydrographie, la végétation et le soleil, par exemples, fournissent leurs potentialités au point où les États activistes parcourent le monde pour approvisionner leurs industries, notamment en sources d’énergie et en matières premières.
L’ Afrique est l’un des bassins miniers et de matières premières les plus florissants du monde. Avec son hydrographie, elle est capable de s’éclairer et de s’industrialiser. En outre, l’insolation y est quasi permanente, sans oublier le coltan, l’uranium et autres métaux rares: or, diamant dont les réserves sont abondantes. Sans ces ressources naturelles, le progrès économique actuel du monde ne serait qu’une vaseuse intention. Mais les systèmes géostratégiques ne laissent pas aux États marginaux, les coudées franches pour impulser un développement endogène.

 A. 5.3. Ressources humaines compétentes

Les équipes de personnes qui investissent leur matière grise, leur énergie et leurs dispositions diverses à des fins de production, en amont ou en aval du processus du travail, constituent des ressources humaines. En effet, certains penseurs ont pu dire que l’homme était le capital le plus précieux en économie. Il est le maître du jeu dans la mesure où c’est l’homme qui attribue de la valeur aux autres ressources. Pour ce faire, il doit utiliser selon les circonstances divers savoirs appropriés.
Les travailleurs se recrutent parmi les apprentis, les bricoleurs, les amateurs et les improvisateurs au stade élémentaire; les travailleurs spécialisés et les qualifiés en phase intermédiaire; et les concepteurs, les entrepreneurs, les manageurs ou les évaluateurs au sommet de la pyramide. En filigrane, il faut lire dans cette catégorisation, le caractère singulier des compétences qui sont en fait différents niveaux de savoir.
Les compétences humaines s’ordonnent en trois axes: la conception, l’action et l’évaluation. Ils ont pour point d’orgue des savoirs divers. En entreprise, les compétences valent par leur efficience ou implication rationnelle au travail, leur efficacité c’est-à-dire l’importance des effets obtenus par le travail et leur adéquation par rapport aux attentes exprimées.

A. 5.4. Ressources pécuniaires et moyens financiers

La monnaie est un instrument économique, de mesure, de compte, d’acquisition et d’entretien des ressources visibles ou immatérielles. Elle est fiduciaire, scripturale ou virtuelle avec un fort impact économique lorsque son emploi judicieux vise à accroître la richesse et à impacter le développement. C’est certainement la principale raison pour laquelle on dit de la monnaie qu’elle est le nerf de la guerre. Si elle vient à manquer, les affaires marchent mal, alors que sa disponibilité rassure et promeut l’activité économique. Elle s’obtient auprès des banques, des épargnants ou des cotisants, sous la forme de crédit ou de prêt destiné à l’investissement ou à la consommation.
Grâce aux moyens financiers s’acquiert le matériel et les équipements de travail nécessaires à la mise en place et au fonctionnement d’une entreprise. Avec des comptes au point, sont payés les salaires, assurés la prospérité des entreprises et logiquement une plus value pérenne.

A. 5.5. Ressources matérielles de base et équipements

Un travailleur attitré doit avoir accès, dans un environnement propice au plan ergonomique, à des outils techniques adaptés à ses compétences. Cet appareillage logistique permet d’apporter des éléments de réponse, avec le concours des autres ressources, aux exigences des populations. Les infrastructures englobent les équipements de base et toute la logistique biens immobiliers, matériels roulants, outils de production physiques contributifs et nécessaires à la bonne marche de toute entreprise. La sophistication des processus des machines, par exemple, n’a de justification que la recherche permanente d’une valeur ajoutée nécessaire et suffisante. Grâce à la cybernétique, à l’informatique, au numérique et à la télématique, le travail est beaucoup plus simplifié, la productivité mise à contribution pour une productivité optimale.
La taille de l’entreprise, sa surface financière et ses choix stratégiques impactent la nature et la qualité des équipements et des infrastructures. Les ressources matérielles sont d’une durabilité limitée et soumises aux contraintes de l’entretien ou de la maintenance pour une efficacité certaine. Il faut veiller à les conserver dans un état de fonctionnement satisfaisant et en assurer une mise à jour régulière, sinon s’offrir des équipements modernes qui font néanmoins de la place aux autres ressources.

A. 5.6. Ressources médiatiques et informations

Média et communications, pour tenir en éveil et développer la synergie au sein des entreprises, constituent des ressources d’un apport considérable. Car l’information est une matière première digne d’intérêt pour celui qui sait en faire bon usage. Quand elle véhicule un concept porteur d’énergie, elle est capable de mobiliser, lier ou impliquer les ressources humaines et techniques en entreprise et de parvenir à harmoniser des approches en vue de viser des objectifs convenus.
La communication d’entreprise suscite dans le groupe de travail, le décloisonnement, et confond l’hermétisme paralysant afin d’ouvrir la voie à une fluidité et à une lisibilité porteuses de solutions idoines. Ne dit-on pas qu’une personne avisée en vaut deux? Ainsi logiquement deux personnes avisées valent quatre dans une progression exponentielle. En effet les média et des informations crédibles contribuent à assurer une bonne productivité et par voie de fait une valeur ajoutée conséquente.

     Globalement les ressources portent le plus haut possible le développement économique à travers les entreprises qui les mobilisent à bon escient. Il importe pour se faire de les impliquer judicieusement et harmonieusement pour parvenir à des résultats satisfaisants pour tous. En d’autres termes, le succès du travail dépend de la qualité des ressources diverses mises en place, mais aussi de manière plus décisive, de la stratégie mise en œuvre pour relever les enjeux du travail. Les ressources, la stratégie et le travail s’articulant de manière systémique et cohérente peuvent valablement se positionner comme une source de bienfaits. Mais il faut placer les ressources humaines au centre des investissements consentis par les États. Les trois « S » : survie pour échapper à la mort, scolarité pour maîtriser les savoirs compétents et la santé pour rester productif durablement stimulent l’indice de capital humain selon les recommandations de la Banque mondiale.